Pendant ce temps dans la plus petite capitale du monde…

Moins il nous reste de temps avant le retour en France, plus je me dis que le blog n’aura été qu’une succession d’articles sur nos trips en dehors de Vientiane (qui se comptent pourtant sur les doigts de la main). C’est pas faute d’avoir essayé de raconter Vientiane, hein, mais rendons-nous à l’évidence : on a beau habiter dans un pays au nom exotique, à part quelques palmiers, un peu de moustiques, et beaucoup de riz, notre quotidien n’est pas tellement plus folichon que celui du jeune cadre dynamique à la Défense.

Les Champs Elysées et l'Arc de Triomphe... version Indochine post-coloniale.

Les Champs Élysées et l’Arc de Triomphe… version Indochine post-coloniale. On s’y croirait… presque.

Du coup, nos vies quotidiennes au boulot et à la maison, tout le monde s’en tamponne un peu les escarres. J’aurai à la limite une petite anecdote du bureau ou deux à raconter… mais même pas ! Et pour cause : ça fait plus d’un mois que je travaille totalement seule. Le principe de collaboration n’est visiblement pas inscrit dans les gènes de ma gentille patronne, qui n’est pas venue une seule fois au bureau en près de 5 semaines. Bon, je ne vais pas m’étaler sur mes déboires au boulot, Valentin les subit déjà au quotidien lorsque je rentre à 18h et que je lui sors un monologue d’une demi-heure sur mon désespoir de travailler pour quelqu’un qui n’a aucun sens de l’organisation et qui plane quelque part au dessus des nuages (et pourtant niveau organisation je ne suis pas un exemple, alors vous imaginez le spécimen).

Bref, le boulot se passe mal, mais on se console sur le fait que tout le reste va pour le mieux. On ne roule pas sur l’or mais on mange tous les soirs dans l’équivalent d’un resto asiatique où le français Lambda paierait 15 euros pour une soupe alors qu’on n’en dépense même pas 2, la température ne descend jamais en dessous des 20 degrés (même si ça s’est carrément rafraîchi en décembre et que j’avoue, oui, je brise le tabou: nous mettons des pulls le soir), on ne s’est pas encore entretués malgré le fait qu’on passe 15 heures par jour ensemble, et… tadadaaaam… on rentre en France avant la fin de l’année ! ça y est c’est annoncé, j’ai cassé le suspens, mais c’est pour que vous ayez plus de temps pour vous préparer à notre retour, organiser des fêtes surprises, nous acheter des cadeaux, tout ça quoi.

Malgré notre routine de Vientiane, notre quotidien est parfois ponctué de petites choses plutôt cool, comme ce mini chaton qui a fait partie de la famille pendant une journée. Ici, il y a énormément d’animaux abandonnés qui finissent dans les temples, où les gens pensent que les moines s’en occuperont. Sauf que les moines, c’est un peu comme nous, ils roulent pas (du tout) sur l’or. Alors les animaux errent, sont malades ou meurent. C’est une touriste qui l’a récupéré, et moi j’ai récupéré une touriste paniquée qui ne savait pas quoi faire du chaton. Difficile de résister face à la bête, vous me direz :

Meo1

Meo2

Malheureusement, après une nuit passée à nos côtés où on a failli l’écraser plus d’une fois (un chaton de 6 semaines, ça ne tient pas en place plus d’une heure), on a dû lui trouver une nouvelle famille car bon, la gentille douane française n’aurait sûrement pas trop apprécié le fait qu’on l’ait trouvé un mois plus tôt dans la rue d’un des pays les plus pauvres d’Asie.

A la place, on a choisi d’adopter un truc un peu plus petit, un peu moins encombrant et qui ne miaule pas quand il a envie d’un câlin ou de faire caca: ce petit lézard tout mignon qui a échappé 2 fois à la noyade sous la douche mais qui nous reste fidèle: Alexandre! (allez savoir)

Alex

Niveau animal, on a aussi eu droit à une compagnie un peu moins sympathique lorsqu’un serpent a eu la bonne idée d’élire domicile dans notre maison. Il était tout petit hein (20 cm à tout casser), mais pour notre défense, il aurait très bien pu être venimeux et puis bon… on savait pas hein, faut pas nous en vouloir. Un peu flippés, on a appelé la proprio, et deux minutes plus tard le quartier entier (bon, 3 personnes) débarquait avec bâtons, lampe frontale et tout l’attirail. Quand ils ont vu la bête et qu’ils ont rigolé, on s’est sentis très cons. En deux minutes, c’était réglé, et on s’était pris la honte auprès de toute la famille de notre proprio. Mais au moins, on a dormi tranquille. A défaut d’une photo de la bête, je vais mettre une photo d’araignée trouvée sur la route entre Vientiane et Vang Vieng – ce qui avouons-le, est équivalent à la vue d’un serpent pour pas mal de personnes.

Spider

Dans la catégorie des choses plutôt cool, on a aussi découvert qu’à Vientiane il n’y avait pas que des restaurants de rue qui diffusent à fond de la musique lao over-kitsch (minute culturelle : le gouvernement laotien impose un quota de chansons laotiennes dans les bars et restaurants pour, soi-disant, promouvoir la culture locale. Mais quand on voit à quoi ressemblent les chansons laotiennes, on a les oreilles qui saignent un peu). Il y a aussi quelques bars sympas dont un, tenu par un français, qui sert du bon punch, de la bière et des mojitos et qui, ô miracle : organise des concerts ! Oui oui, des vrais concerts, avec une vraie batterie, une vraie guitare, des amplis et un groupe avec des vrais morceaux d’humains dedans. Au premier concert la semaine dernière, on s’est senti un peu comme un somalien dans le désert qui tombe sur un oasis. Parce qu’ici au Laos, l’accès à la culture est quasi-nulle. Littérature ? Tous les livres ont été brûlés lorsque le parti communiste est arrivé au pouvoir en 1975. Musique ? Comme je le disais, nos oreilles saignent. Journaux ? Il existe un seul journal en anglais, dont les articles sont aussi plats qu’une chronique du journal de 13h sur TF1.

Honnêtement, on se demande vraiment de quoi peuvent bien parler les Lao lors des repas de famille. Les traditions religieuses comme le festival des pagodes (fin du jeûne bouddhiste) ou le Festival That Luang (à la pleine lune en Novembre) se sont transformés en fête foraine géante où les stands Nokia et Samsung s’alignent à côté des Beer Garden sponsorisés en grande pompe par BeerLao ou Beeline, entreprise de télécom qui, littéralement, domine le monde. Je suis tous les jours étonnée par les contradictions énormes de ce pays.

Je pourrais d’ailleurs en parler longtemps mais pour éviter les complications, j’attendrai mon retour en France…

Notez le joli ballon "Gangnam Style", pour ne pas perdre vos copains dans la foule

That Luang Festival, entre traditions bouddhistes et dancefloor géant. Bon, la photo est à chier mais c’est tout ce que j’ai. Notez tout de même le joli ballon « Gangnam Style », pour ne pas perdre vos copains dans la foule!

Bref, pour un article simple et court, j’ai encore trop parlé. A la base, c’était pour vous faire patienter un peu jusqu’à la semaine prochaine où je vais tenter de vous pondre un article sur Luang Prabang, ville classée patrimoine mondial de l’UNESCO où on est allés la semaine dernière, et sur la bouffe laotienne qui vaut quand même le détour. De toute façon, je n’ai tellement rien à faire au boulot et je suis tellement blasée que je n’hésiterai pas à mettre à profit mes 8 heures ‘obligatoires’ de travail par jour pour vous raconter nos derniers déboires niakoués !  Restez connectés (mais après tout vous le pouvez, vous, avec votre connexion ADSL 3G Fibre Wifi 4G à 1000000 k/s, bande de cons).

Allé zou, bon week-end à tous et à la semaine prochaine pour moins de pavé et plus de photos (parce qu’au fond, je le sais, vous voulez des photos, c’est tout).

Bisous bisous

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