Parce que le gras, c’est la vie

Chose promise, chose due (dédicade à toi ma soeuw’), même avec 2 mois de retard… voici l’article gastro(nomie) !

Comme son prédécesseur Indonésien, cet article parle donc de nourriture. Et pas n’importe laquelle : la nourriture sud-est-asiatique, pour laquelle certains paieraient 15 euros le temps d’un repas dans un restaurant thai/chinois/japonais sans saveurs. Ici, en divisant par 10, on a le même plat, mais avec 10 fois plus de goût. Bon, c’est évidemment dû aux MSG (monosodium glutamate pour les incultes – dont je faisais partie jusqu’à mon arrivée au Laos). Les MSG sont ces merveilleux cristaux qui ressemblent à du sel et que les Asiatiques usent à foison dans tous les repas. Apparemment, c’est bourré de cochonneries mais on s’en fout, ça rend les plats bons. Et puis c’est pas comme si on entretenait notre cancer tous les jours avec la pollution ambiante alors des MSG en plus…

Un slogan hyper vendeur

Un slogan hyper vendeur

La nourriture, donc, est savoureuse. Pas chère. Variée (oui, on peut faire beaucoup de choses avec du riz et de la viande). Epicée. Trèèès épicée. Et fourbe : les piments sont cachés, prennent la forme de pseudo-haricots verts ou dispersés dans la viande, ce qui les rend impossibles à trier. Mais on s’y fait, comme tout. Limite si maintenant, on n’est pas déçus d’avoir dans notre assiette un plat ‘pas trop’ épicé (notons les guillemets car cette notion est toute relative : pas trop épicé, chez un asiat, c’est l’incendie chez nous).

La cuisine Lao est inspirée de la cuisine Thai, et les deux pays ont beaucoup de plats en commun. A part deux, bien spécifiques au Laos et qui en font la fierté nationale : la papaya salad (salade de papaye en français, car vous ne l’aviez pas deviné) et le laap, plat de viande émincée avec feuilles de menthe, basilic et autres épices dont j’oublie le nom. Le tout s’accompagne toujours de riz gluant, autre symbole du laos, qui contribue tout autant à leur bonheur qu’à leur diabète et qu’ils mangent matin, midi et soir.

Pour bien manger lao, il te faut :

– Des mains propres : le riz gluant se malaxe entre les mains pour en faire une boulette à tremper dans la sauce.
– Un palais préparé à tout : les haricots magiques sont fourbes et se cachent là où vous vous y attendiez le moins. Et ça fait pas du bien par où ça passe ! (à l’entrée comme à la sortie).
– Aimer la sauce à base de crevettes et de poisson qui s’utilise dans tous les plats.
– Etre patient. Si tu commandes en heure de pointe, ton plat risque d’arriver dans la demi-heure, et celui de ton congénère, une demi-heure plus tard. Si comme nous tu es bien français et que tu attends que l’autre soit servi pour commencer à manger, ta patience sera mise à rude épreuve.
– Etre paré à toute éventualité : le plat de viande aux légumes que tu avais commandé peut très bien devenir un ragoût de fruits de mer dans une sauce gluante en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Le lao ne parlant pas anglais, les trois premiers mots indispensables à ta survie seront « poulet, bœuf et porc ».

P1110230

Cette photo vous coupe l’appétit? Moi aussi. C’est une stratégie pour éviter de vous donner trop faim avec les photos suivantes.

Niveau plat, on a de tout, de la simple soupe de nouilles instantanées au plat de riz à la viande revenue dans une sauce basilic et épices. Les lao mangent en général une soupe le matin, une soupe le midi et un plat ‘commun’ le soir, qu’ils partagent avec toute la famille. On a beau essayer de s’intégrer à la culture, la soupe du matin n’a pas réussi à faire concurrence à nos tartines beurre/confiture. Par contre, le midi ça passe tout seul, même par 35 degrés dehors. En général, tu commandes une soupe au poulet ou au bœuf et elle arrive avec plein de petits légumes et piments à côté, que tu rajoutes comme tu veux selon tes goûts. Le challenge, évidemment, étant de l’épicer un peu plus à chaque fois.

Les lao sont très communautaires, comme la plupart des asiat’, et partagent tout, même la bouffe. Il est fréquent de voir 10 plats installés sur une même table où chacun picore selon ses envies. En France, c’est chacun son assiette, chacun sa merde. Ici, on bouffe tous pareils, et t’as plutôt intérêt à manger aussi vite que ton voisin si tu ne veux pas être lésé à la fin. Ceux m’ont déjà vu manger savent que c’est foutu pour moi.

Pour les allochtones comme nous (toi aussi, tu as appris un mot) qui n’ont pas de famille lao avec qui partager la pitance, il y a deux options : cuisiner à la maison ou manger dehors. On a bien essayé de se concocter des petits plats sur nos deux plaques électriques hein, mais c’était un coup à se retrouver à 23 heures avec une platée de riz aqueuse dans lequel nagent 3 brocolis et des courgettes amères. Face à ces échecs cuisants, l’option « boui-boui du coin » a largement remporté la main.

Du sticky rice ! En gros, l'équivalent de notre pain français. Enfin... plus ou moins.

Le riz gluant à la casserole, début d’une grande aventure… qui ne durera pas longtemps.

On s’est rapidement fait une petite sélection de restos dans les environs, et ajouté à ceux dans lesquels je mangeais le midi au boulot, je pourrai presque devenir critique gastronomique des boui-bouis de Vientiane. Du coup, on a pu tester un peu tous les plats possibles et imaginables de la culture laotienne, avec son lot de déception, de bonheur et de désagréments intestinaux. Sans plus attendre (parce que ça fait quand même une heure que je déblatère sur des choses inutiles), une petite sélection non-exhaustive.

(parenthèse copyright toussa toussa: certaines photos ont été subtilisées au monde merveilleux d’internet. Rendons à Google Images ce qui appartient à Google Images).

Le Laap

Image

Émincé de boeuf sauce crevette et son ail en tranches sur lit de salade verte et feuilles de menthes accompagné de tranches de concombres et du riz gluant du Chef.

Le pad khapao (plat thaï, si je ne m’abuse. Mais consommé ici autant que le pain/fromage chez nous)

Pad khapao

Toi aussi joue avec nous: combien y’a t’il de piments sur cette photo? (attention, des piments déguisés se cachent sur cette image, saura-tu les retrouver?)

La papaya salad

Papaya salad

Toi aussi joue avec nous (2): saura-tu retrouver tous les ingrédients de ce plat? (indice: cette fois-ci les haricots verts sont bien des haricots verts)

La soupe (ah bon?)

Lao Noodle Soup 2

Quand tu choisis bien ton boui-boui, c’est comme ça qu’arrive une soupe: bien garnie, avec la dose de piment et les légumes à ajouter toi-même, comme un grand !

Le Pad Thai (qui comme son nom l’indique, ne vient pas du Laos, mais qu’on bouffe allègrement ici aussi. Parce que c’est bon pour les artères et ça entretient notre cholestérol)

Nouilles frites, cacahuètes, pousses de soja et poulet. C'est tout ce qu'on aime, comme dirait l'autre.

Nouilles frites, cacahuètes, pousses de soja et poulet. C’est tout ce qu’on aime, comme dirait l’autre.

Le sandwich au pâté (oui oui)

Vous choisissez parmi ces ingrédients fort alléchants et vous vous dites que vous allez bien manger...

Vous choisissez parmi ces ingrédients fort alléchants et vous vous dites que vous allez bien manger…

Et là, c'est le drame. De la graisse de porc, des lamelles de noix de coco, des tiges de pissenlit, du beurre. Une expérience... intéressante pour nos estomacs.

… et là, c’est le drame. De la graisse de porc, des lamelles de noix de coco, des tiges de pissenlit, du beurre. Une expérience… intéressante pour nos estomacs.

La sauce à la crevette

Kapi

Cette jolie pâte à l’aspect diarrhéique ne vous inspire pas confiance? Dommage, il va falloir faire avec: elle est là, subtile, dans tous vos repas. Entre ça et les MSG, il y a des moments dans la vie où il faut accepter son destin.

Et pour bien terminer, les boissons, qui contribuent à une alimentation équilibrée tout au long de la journée:

P1110516

5 fruits et légumes par jour …

Des protéines

… des protéines …

... et des céréales pour les féculents.

… et des céréales pour les féculents.

Si je n’ai parlé que de choses salées pour l’instant, c’est simplement parce que niveau desserts au Laos, c’est pas folichon. Ou très très sucré. Par contre, il semble y avoir un engouement général pour les ‘boulangeries WTF’ aux néons verts apocalyptiques remplies de gâteaux-pièces montées fourrées à la crème. Au moins 5 dans la rue à côté de chez nous. Une tentative de concurrence avec les boulangeries à la française? Je vous laisse juger…

P1110616

Oui oui, ce sont bien des Pères Noël en arrière-plan.

Bon, je pourrai aussi parler des fruits et légumes chelous, des aubergines amères, des durians nauséabonds, mais comme on les retrouve dans toute l’Asie, rien de typique. En réalité, mon quotidien était fait de mangues, d’ananas et de bananes, et je m’en portais plutôt bien (mais c’est surtout parce qu’après 3 mois, je ne savais toujours pas différencier une goyave d’une grenade et que je n’osais pas acheter les fruits aux formes bizarres au marché local. Tu parles d’une aventurière…).

Si cet article a réussi à vous ouvrir l’appétit, j’ai atteint mon objectif… et je vous laisse donc sur votre faim (huhu) jusqu’au prochain article de la semaine prochaine sur le Cambodge ! (on rattrape le temps perdu… le chômage ça a du bon)

A bientôt les cocos !

Publicités

Une réflexion sur “Parce que le gras, c’est la vie

  1. Voilà un article riche en couleurs. Tout fait envie à part les petites bêtes en bouteille ..; je passe mon tour sur ce coup là (Ah ! Ah!)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s