Aventures au pays de Bhumibol, Episode II: encore des massages, toujours des tuk-tuk

Et après un article sur la Thaïlande… un article sur la Thaïlande ! C’est à se demander ce qu’on fait au Laos si je passe mon temps à vous parler du pays voisin. D’ailleurs pour ne rien vous cacher, je me demande effectivement ce que je fais au Laos (mais ceci est une autre histoire).

En réalité, la partie la plus intéressante de notre vie Vientiannaise, c’est le moment où justement, on n’est pas à Vientiane. Donc, pendant les week-end, quand on a les sous pour bouger ailleurs. Là, on avait pas le choix, c’était encore pour un renouvellement de Visa (vous constaterez donc ici que je suis sacrément en retard dans mes articles et qu’avant celui de Bangkok, on avait déjà refait l’aller-retour en Thaïlande une deuxième fois. Nous passerons sur ce petit détail).

Pour notre deuxième renouvellement de visa, donc, on a opté pour la solution cheap et facile, même si je vous avoue qu’on se serait bien fait quelques jours sur les îles thaïlandaises histoire de combiner obligations diplomatiques et vacances sur les plages de sable fin. Malheureusement, ma gentille patronne en a décidé autrement, et a jugé qu’on était dans une phase cruciale de notre mission et qu’il ne fallait aaabsolument pas que je prenne mes congés maintenant. Soit.

Du coup, on s’est rabattus sur Nong Khai, jolie petite station balnéaire au bord… du Mékong, avec ses grandes rues désertes aux allures de Far West, ses chauffeurs de tuk-tuk hargneux et ses expats australiens venus finir leurs vieux jours avec une gentille Thailandaise.

Nong Khai, c’est la ville frontière, juste de l’autre côté du fleuve, où les gens ne s’attardent même pas une nuit. Un aller/retour à la frontière, un tampon sur le passeport, quelques courses au supermarché et c’est bouclé : retour au Laos dans la même journée. Nous, on a décidé d’y passer une nuit, histoire de rentabiliser un chouïa notre visa thaïlandais et de voir ce que cette petite bourgade pouvait nous offrir.

Après deux heures et un enchaînement parfait de bus – remplissage des papiers – tampons – bus – traversée du pont – remplissage des papiers – tampons, nous arrivons en Thaïlande où nous sommes accueillis par une haie d’honneur… une délégation… des officiels ? Ah non, ce sont 10 chauffeurs de tuk-tuk sur les startings blocks, prêts à dégainer, la bave aux lèvres, le regard affûté, tels des chasseurs dans la brousse. Ils ont repéré leur proie : nous. La cible se rapproche, on arrive, vite, les cris fusent, on tente de nous bloquer le passage mais on reste fermes et on fonce tête baissée : ça y est, on a franchi le barrage ! Ce que l’on ne sait pas, c’est qu’il y en a 15 autres qui nous attendent derrière, mais le plus dur est fait.

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Souvenez-vous : nous sommes pauvres et radins. En bons radins, donc, nous décidons de décliner l’offre de tous les tuk-tuk du coin et de marcher jusqu’à Nong Khai. Après une demi-heure de marche en plein cagnard, on commence à douter. Une heure plus tard, on regrette vraiment notre décision. On est perdus, on a peut-être même raté la ville, c’est désert et ça n’a rien d’accueillant. Mais bon, on est vaillants, on ira jusqu’au bout, sans peurs et sans reproches. Et finalement… là au loin, une ville ! Un marché ! De la VIE ! Ca y est, nous sommes sauvés. Desséchés, mais sauvés. Ça nous apprendra à faire les malins devant les chauffeurs de tuk-tuk, tiens.

On se trouve vite fait une guesthouse pas chère, de quoi dormir et chopper du café gratuit, quoi. Et puis c’est parti pour une exploration de la ‘ville’ (du village, en fait) entrecoupée de quelques bières au bar du coin et d’un massage de pieds sur les bords du Mékong avec vue sur le coucher du soleil. Finalement, ça valait les 5km de marche.

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Entre temps, on a aussi visité le marché de nuit, subit les chants atroces d’un groupe de collégiens qui récoltaient des fonds pour une quelconque association de quartier, rencontré un groupe de vieux australiens qui nous ont traquenardé dans un de leur bars à ‘filles’ (pour rester politiquement correct), et perdu un téléphone portable. Pour ce dernier, on aurait pu s’en passer, mais ceux qui me connaissent savent que je ne peux pas voyager sans perdre quelque chose. D’ailleurs, je suis en net progrès, c’est la première perte à déplorer en deux mois d’exil. Saluons cet exploit.

Bref, malgré le manque criant d’activités à Nong Khai, la ville est plutôt agréable pour un week-end. Ça nous a permis de voir un peu autre chose que Vientiane, et il faut le dire, leur espèce de croisette/promenade des anglais sur les bords du Mékong est plutôt sympathique.  Le reste fait un peu Palavas-les-flots en plein mois de Janvier, la chaleur et la bonne bouffe en plus.

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Le lendemain matin, enfer et damnation : nous avons cédé ! Pour retourner à la frontière, nous avons loué les bons et loyaux services d’un tuk-tuk. Faut dire, pour notre gouverne, qu’on avait une journée chargée : après les formalités d’usage à la frontière, les 14 tampons dans un sens et dans l’autre, les bus et les transferts à tous les guichets possibles, on a profité du fait qu’on soit dans le sud de Vientiane pour aller visiter le Buddha Park, à quelques kilomètres du bureau d’immigration (ils avaient tout prévu, les fourbes).

Le Buddha Park, c’est un parc, donc, avec des Buddhas dedans. Incroyable ! Mais en plus des Buddhas, il y a aussi tout un tas de divinités hindous avec des noms à coucher dehors (car oui, mes connaissances en dieux hindous se limitent à Ganesh et Shiva, pour le reste il y a Wikipédia). Ce joli petit mélange donne une atmosphère un peu surréaliste, avec des vieilles statues de pierre et des sculptures un peu bizarres sorties de nulle part. C’est plutôt sympa.

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Bref, avant de vous assommer davantage avec mes photos du Buddha Park, je vais peut-être songer à créer un album. D’ailleurs ça y est, l’album complet de Bangkok est dans les bacs, retrouvez-le vite chez votre marchand de journaux !

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Ce mini périple dans parmi les divinités bouddhistes et hindouistes nous ayant donné soif, nous avons repris le (seul) bus public de Vientiane direction le centre ville pour une bière face à ce paysage:

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Quand je vous disais que la vie était dure…

Sur ce, c’est l’heure de Questions pour un Champion, je rentre à la maison. Bisous à tous et à bientôt pour de nouvelles aventuuuuuures !

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Massage, manucure, pedicure, tuk-tuk?

Au Laos, on peut être locataire d’une maison, employer une femme de ménage et contribuer à l’économie locale tout en étant officiellement des ‘touristes’. C’est en tout cas ce que dit le joli tampon sur notre passeport, valable 30 jours, et la petite carte d’immigration remplie à l’aéroport. Pas facile d’obtenir un visa business quand on travaille pour une ONG basée aux Philippines et qu’on a pas 500 dollars à débourser pour un « avocat » qui, moyennant un joli petit pactole sous le manteau, négociera un visa longue durée avec les gentilles autorités locales.

Du coup, une fois par mois et à notre plus grand désespoir, nous sommes obligés de nous payer des vacances en Thailande pour renouveler notre droit de séjour. Non vraiment, la vie n’est pas facile ici.

Pour notre premier renouvellement en octobre (oui, ça fait déjà un mois que j’aurai du publier cet article, mais ma ponctualité légendaire n’est plus à démontrer), on a fait dans l’original : Bangkok. BKK comme on dit ici, ouais gros, check t’as vu. La vie de village à la Laotienne nous semblait trop belle et calme pour être vraie, alors on a voulu tâter de la pollution, des lady boys et du vacarme permanent pour s’auto-prouver que finalement, on est pas si mal à Vientiane.

Mais comme c’est pas parce qu’on se la joue avec notre grande maison qu’on est pleins aux as, on a opté pour la solution économique, même si ça implique 13 heures dans un train de nuit à travers la Thaïlande. En gros, on est partis le vendredi à 15h, et on est arrivés à Bangkok le samedi à 6h (bon, ceux qui suivent ou qui se sont fait chier à calculer auront remarqué que ça fait 15 heures en tout, mais c’est sans compter le passage de la frontière et l’attente à la gare. Breeef). Finalement, le train de nuit c’est l’option parfaite pour les radins, car non seulement tu économises une nuit dans une auberge, mais en plus, tu dors ! Bon, tu dors mal, mais tu dors. Les trains de nuit thaïlandais sont plutôt bien foutus même en seconde classe, lits superposés et draps frais, et petit rideau pour dormir à moitié à poil en toute discrétion. Bon, c’est bruyant, le train s’arrête toutes les heures dans le fin fond de la brousse en criant des noms de ville inconnues et arriver à l’heure relève du miracle (avis aux râleurs de la SNCF) mais c’est l’aventure, baby ! (bon c’est pas franchement l’aventure en vrai, mais faut entretenir le mythe).

Oui, je suis seule dans la cabine sans surveillance et oui, les voyants sont allumés

Le train, flou, avec en exclusivité pour vous mesdames et messieurs, le bras gauche de Val.

Le train, flou, avec en exclusivité pour vous mesdames et messieurs, le bras gauche de Val !

6 heures du matin, nous voilà à Bangkok, la ville qui ne dort jamais et où tout est possible. L’avantage, c’est que j’y avais déjà passé quelques jours en 2011 et mine de rien, pas grand-chose n’avait changé, donc on a évité les classiques arnaques des chauffeurs de taxi qui refusent de mettre le compteur sous prétexte qu’on est un portefeuille sur pattes ou les faux guides touristiques qui veulent te faire visiter la ville en t’emmenant chez leur pote le vendeur de bijou au passage.

L’avantage aussi d’avoir déjà visité la ville, c’est qu’on savait quoi faire, et quand le faire. Dans le désordre (parce que j’ai mis tellement de temps à écrire cet article que je ne me souviens plus ce qu’on a fait en premier):

– Le classique Wat Pho et son buddha couché, où prendre une photo du temple sans l’ombre d’une vie humaine relève du miracle. Il y a de tout niveau touriste, de l’allemand à sandales et chaussettes, du gros américain transpirant avec appareil photo sur la bedaine, de la blondasse en mini short qui n’a pas compris qu’il fallait couvrir ses épaules dans un temple, et du français en sac quechua, guide du Routard à la main. Et ils ont donc tout prévu…

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Le temple est over-touristique (ouh les gros blasés) mais ne nous y méprenons pas, c’est aussi parce qu’il en vaut la visite. Voyez plutôt.

On lésine pas sur les moyens ici.

On lésine pas sur les moyens ici.

C'est pas du bouddha de payday, ça

Ni sur les sculptures du Bouddha toutes plus gigantesques les unes que les autres…

Coucou toi. (pour info, la bayte allongée mesure au moins 30 mètres)

Coucou toi. (pour info, la Bête allongée mesure au moins 30 mètres)

You shall not pass

You shall not pass

Autre grande attraction du week-end à BKK (yo), le marché du week-end, Chatuchak ou JJ’s. Là, il te faut une carte pour ne pas te perdre dans les dédales infinis de vêtements, draps, écharpes, animaux en cage, fausses fleurs, poterie, nourriture, lunettes de soleil et lingerie. Amateurs de shopping, prenez votre journée, voire votre week-end entier, révisez votre calcul mental et votre sens des affaires, ici ça négocie sec à coup de calculette et de langage des signes pour faire la meilleure affaire. Au final, vous aurez certainement payé cette écharpe en soie et ce buddha en céramique beaucoup trop chers, mais ça fera son petit effet sous le sapin à Noël, quand vous raconterez que vous l’avez négocié à la sueur de votre front dans une allée sombre d’un marché de Bangkok.

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Je disais donc, on trouve de tout...

Je disais donc, on trouve de tout…

Et comme on s’est un peu trop laissés emporter par la folie Bangkokoise, on est restés un jour de plus, histoire d’aller checker aussi Ayutthaya, l’ancienne ville du royaume de je-sais-plus-trop-quoi à 1h30 de route de Bangkok. 1h30, tout est relatif, tout dépend quel train tu prend. Et comme en Thailande tout est possible, tu peux chopper un train troisième classe pour 40 centimes par personnes. Qui te conduira à Ayutthaya en 2 heures 25 minutes chrono, après dix arrêts dans les gares de province et au milieu de la campagne. Ne demande pas pourquoi tu es arrêté là, tu es arrêté là, c’est tout. Mais la lenteur du train nous a permi d’apprécier la vie quotidienne des thaïlandais dans les bidonvilles, à dix dans une bicoque de fortune, avec vue sur la voie ferrée. Enfin ici, c’est plutôt des bidonvilles de luxe, ils ont l’électricité, la télé et la convivialité d’un petit village de province. Mais pour les gros bourges que nous sommes, ça fait toujours un petit effet.

Envie d'investir dans l'immobilier à Bangkok?

Envie d’investir dans l’immobilier à Bangkok?

Mais revenons à nos moutons (et à nos Buddhas). Ayutthaya, c’est des temples et encore des temples, mais à la différence de Bangkok où tout est rutilant et où tu t’en prend plein les yeux (au sens propre comme au figuré), ici tout est en ruines. Ça donne des décors comme ça :

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P1110274aJe pourrai vous assommer encore longtemps avec mes photos de Bangkok et d’Ayutthaya – après tout en France, vous avez une connexion internet digne de ce nom, charger une page de blog ne vous prend pas 20 minutes – mais je vous laisse aller voir le reste dans l’album (qui n’est pas encore en ligne mais j’y travaille, peut-être que dans 10 jours tout sera chargé. ça vous fait une occasion de revenir, wouhouuu) !

J’achèverai simplement cet article par une photo prise au détour d’une ruelle sombre, et qui selon moi, résume parfaitement l’esprit de la ville: à Bangkok, tout est possible.

Coucou...

Coucou…

Allé, j’ai terminé mon pavé, je vous laisse et je retourne manger du riz gluant et des soupes de nouilles. Des bisous de nous deux, et pour vous faire plaisir, deux magnifiques photos de nous, pour vous montrer à quel point l’Asie nous réussit. Bon week-end et à dans 6 mois pour un prochain article !

Et j'ai même pas honte

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Et sinon ça va à Vientiane?

Vous attendiez un article haut en couleurs sur nos trips au fin fond de la brousse ? Tant pis, va falloir attendre la semaine prochaine ! Parce qu’attention, faut pas nous plus que vous croyez qu’on se la coule douce sur les cocotiers toute la journée, une bière fraîche à la main et une servante dévouée pour nous tenir notre éventail et nous masser les pieds. La vie à Vientiane, c’est pas aussi rigolo que nos week-ends exotiques dans les petits villages de campagne. La vie à Vientiane, c’est un peu métro-boulot-dodo, le métro en moins (ouf), le vélo en plus.

Prenons par exemple une journée-type dans la vie des blancs-becs que nous sommes. 7h, fraîchement réveillés par le doux bruit des marteaux piqueurs et des perceuses dans l’immeuble d’à côté (ça commence tôt chez les lao, faudrait pas prendre du retard sur la livraison du chantier la semaine d’après. Oui, ça construit vite aussi, chez les lao), on prend notre café/toasts grillés/beurre confiture devant le journal de ce bon vieux David Pujadas. Confiture Bonne Maman, s’il vous plaît : un peu la seule folie qu’on a fait niveau bouffe, après avoir exclu le fromage à 10 euros de notre liste de courses. Jusqu’ici, pas trop de dépaysement.

C’est après que ça se complique. 8h et quelques, départ à vélo pour le boulot en centre-ville. Là, on diminue potentiellement son espérance de vie de pas mal d’années. Les laotiens ne savent tout simplement pas conduire. J’envoie tous ceux qui se plaignent de la conduite française faire un stage d’observation sur les routes de Vientiane, et vous arrêterez à tout jamais de râler quand un mec ne met pas son cligno au rond-point. Ici, y’a pas de règles. Les gens garent leur gros pick-up sur la chaussée, pouf, comme ça, posé là. Toi tu contournes. Il y a des voitures qui sortent de nulle part, des motos en contre sens, des tuk-tuk qui pilent en plein milieu de la route. Une seconde d’inattention et tu finis encastré dans un pare-brise.

Bon, au début on se fait dessus, et puis on s’adapte. Maintenant, je me faufile entre les voitures à l’arrêt, je grille tout le monde au feu – et je grille le feu tout court. C’est comme ça que ça marche chez les niak’ !

Le cancer du poumon ne nous aura pas, niark

Mission commando pour affronter les rues de Vientiane. Le cancer du poumon, cey le mal

Si j’arrive en vie au boulot, s’en suivent généralement 8 longues heures (entrecoupées d’une pause riz-porc-légumes au boui-boui du coin) le cul posé sur une chaise à mettre à jour le site internet de notre ONG. Pas bien folichon par moments, mais ça reste intéressant. C’est un boulot quoi. Pour planter des arbres, arracher des plants de palmier à huile et sauver le monde du grand méchant Monsanto, on repassera.

A la place, j’écris des trucs, je contacte des gens, quand je ne suis pas coincée par l’australienne qui partage notre bureau et qui me raconte son week-end, sa fille qui fait ses dents, et la digestion de son repas du matin. Partager un bureau, ça rapproche.

18h, retour maison avant la nuit pour ne pas tripler mes chances de mourir écrasée. Pendant ce temps, je le sais, certains d’entre vous se demandent ce que fait Val tout seul à la maison. Pour répondre à la question la plus récurrente depuis notre arrivée (et que j’ai aussi posée un million de fois je vous rassure) : non non, il ne s’ennuie pas. A défaut d’avoir trouvé du boulot, ce qui n’est pas tellement évident au Laos quand on a pas la vocation de prof, il se forme sur internet pour étoffer un peu son CV. Je ne vais pas rentrer dans les détails au risque de me tromper, mais voilà, en tout cas il a laaargement de quoi occuper ses journées.

18h, c’est aussi le moment de la journée où nous sommes tiraillés entre ne rien faire et… ne rien faire. En Asie, à 18h il fait nuit. Ce n’est pas un problème, me direz-vous, la nuit n’a jamais empêché le monde de tourner (ni les moustiques de sortir, toutes ailes dehors). Sauf que voilà, nous sommes à Vientiane. Et à Vientiane, il n’y a rien à faire, la nuit.

Enfin, il y aurait probablement des choses à faire si on participait à toutes les activités sportives du coin et si on connaissait la moitié de la ville. Mais ce n’est pas (encore) le cas… du coup, on se rabat sur des activités saines : quelques verres de bière et un plat de riz au resto du coin, un épisode de Breaking Bad, un yaourt et au lit ! Oui parce qu’on ne cuisine pas vraiment non plus. Mais ceci est une autre histoire, j’aurai bien l’occasion de vous raconter nos Epic Fails culinaires prochainement.

Vientiane by night (mais uniquement en centre-ville, ça)

Vientiane by night (mais uniquement en centre-ville, hein, ailleurs il fait tout noir)

Vous l’aurez compris, après Montpellier, atterrir à Vientiane c’est moyennement folichon. Dans la liste des choses qui me manquent le plus, un bon concert de Metal et un barbeuc entre potes. Et le fromage aussi. Mais bon, on est bien installés, on s’occupe, et on a des week-end plutôt bien remplis… mais ça, ça sera pour le prochain article !

(vous sentez le suspens là, hein?)…

Bisous les poulets !

Vang Vieng, sa rivière, ses montagnes, ses litres de bière et ses vendeurs l’opium…

Ça y est, on l’a fait ! Bravant le système incompréhensible des bus laotiens et les routes semées de trous (et de mines, mais ça, on préfère ne pas y penser), et après une tentative ratée le week-end dernier, c’est bon, on a réussi à sortir de Vientiane pour le week-end. Et pas pour n’importe quelle destination mes amis, non : là, c’était la brousse sauvage, l’inconnu, le ‘vrai’ Laos.

Enfin… pas vraiment. Comme première destination, on a plutôt fait dans le classique : un trip à Vang Vieng, petite bourgade à 4 heures de route de Vientiane, entièrement colonisée par des hordes de backpackers australiens en furie venus se mettre à l’envers pour la modique somme de 1 euro les 64cl de bière. Shooter offert avec le package, opium et métamphétamines pour les plus téméraires. Ou pour ceux qui n’auraient pas compris que lorsqu’il y a le mot « happy » dans le nom de ton cocktail, c’est sûrement pas à cause du jus d’orange et de la capirinha.

VV city

Vang Vieng est le paradis des blanc-becs en mal de débauche, et ça les arrange plutôt bien d’entretenir le mythe : shooters gratuits à l’entrée des bars, flyers avec promotions et happy hours, et le fameux ‘tubing’, la descente de la rivière sur une bouée – arrêt à tous les bars installés sur les berges fortement recommandé. Et quand on entend parler du ‘tubing’ de Vang Vieng, c’est souvent dans la rubrique mortuaire : en 2011, une trentaine de morts au compteur, des jeunes backpackers ayant un peu trop forcé sur la BeerLao et pas assez sur les cours de natation…

Entre temps, ça s’est calmé, des régulations sont passées et Vang Vieng prend maintenant des allures de ville désertée en journée avant de se ranimer un peu le soir.

A ce stade, vous vous demandez sûrement pourquoi nous, jeunes gens sages que nous sommes, avons décidé d’y passer un week-end. Hé bien déjà tout simplement car sans voiture, il n’y a pas grand-chose d’autre à faire dans les environs de Vientiane. Mais aussi parce que finalement, c’est beau, Vang Vieng. Il y a tout à la fois : la rivière, les montagnes accidentées qui donnent l’impression d’être sorties de nulle part, les grottes, les petits lagons bleus clair, les touristes coréens, les sandwich au bacon et les ladyboys. Parfois, on se demande si tout va bien ensemble, mais ça fait plutôt un joli mélange.

VV from GH

VV montagnes

VV Temple

Le samedi soir, tant qu’à faire, on en a aussi profité pour faire comme nos potes australiens en débardeurs ‘BeerLao’ : un flyer avec des boissons offertes, ça ne se refuse pas. On a fait les quelques bars du coin, qui tentaient d’attirer le client avec des shooters à l’entrée. Je dois avouer que leur stratégie a plutôt bien marché, et on n’était pas vraiment frais en rentrant ce soir là. Par contre, on a été un peu déçus de ne pas voir de cocktails louches sur la carte : tout avait l’air normal. On nous a même moins proposé d’opium qu’en une après-midi au centre-ville de Vientiane : les temps ont bien changé ! (et c’est pas plus mal).

La jeunesse se dévergonde

La jeunesse se dévergonde

Le lendemain matin, on s’est réveillés plutôt frais et en possession de tous nos souvenirs, ce qui est plutôt bon signe dans une ville comme Vang Vieng. Du coup, on a fait une tentative d’exploration de l’autre côté de la rivière, le côté des grottes, des petits lagons bleus et des forêts tropicales. On y avait mis tout notre coeur, pourtant, mais le karma a décidé de mettre pas mal d’obstacles sur notre chemin. Nos vélos fraîchement loués ayant rendu l’âme 50 mètres plus loin, on a opté pour un tuk-tuk dont le chauffeur s’est avéré être con comme une chaise, et on a fini à pied. Mais on a quand même eu le temps pour une grotte et un petit lagon, un palmarès tout à fait acceptable en 2 heures chrono.

VV Cave

VV Grotte

Profitez-en, on est au maximum de notre capital beauté.

Profitez-en, on est au maximum de notre capital beauté.

Bref, au final, on a sûrement passé autant de temps dans les transports que dans la ville même, mais c’était un week-end plutôt réussi, compte tenu de notre capacité d’organisation de voyage frôlant le zéro. On y retournera sûrement si on est en mal de nature… et parce que s’affaler sur des coussins sur un balcon en bois qui surplombe la rivière, une bière à la main et une vue sur les montagnes, ça n’a pas de prix (sauf peut-être 12,000 kip la bouteille).

 

(Bon, je suis méga en retard, mais ne paniquez pas, le lien arrive bientôt pour le reste des photos, et des nouveaux articles aussi, quand on en aura fini avec la jungle de Bangkok).

Bisous les poulets !

Beerlao, vélo, dodo

Ça y est, nous sommes presque totalement intégré à la vie Vientiannaise : une maison, deux vélos, deux rations de riz ou de soupe aux nouilles par jour, et quelques litres de Beerlao hebomadaires… autant dire qu’on s’acclimate bien ! Les premiers jours ont été plutôt chaotiques, du fait de notre absence totale de moyen de transport qui nous condamnait plus ou moins à rester dans notre grande maison à manger du riz gluant cuisiné sur une pauvre plaque électrique, mais on commence maintenant à bien connaître notre petit quartier, ou village, comme ils appellent ça ici.

Premier constat après 2 semaines dans la capitale laotienne : Vientiane n’a en fait rien d’une capitale. Croyez-le ou non, il n’y a pas de cinéma. Pas de bus, pas de transport en commun. Pire : les quelques bars du centre ville n’offrent qu’un seul type de bière à la pression : la Beer Lao, fierté nationale, qui se boit à toute heure de la journée. Un drame pour les buveurs de bière que nous sommes. Heureusement, elle n’est pas mauvaise.

Mais Vientiane, c’est plutôt joli aussi, si on sait où aller et quand y aller. Par exemple ici, sur les bords du Mékong à l’heure du coucher du soleil…

Mekong

Ou encore ici à That Luang, une sorte de monument national non identifié (un musée? un temple?) et son buddha incliné qui se dore la pilule au soleil:

That luang

Buddha incline

Bon, je pourrai mettre encore beaucoup de photos, mais la connexion internet à la maison en a décidé autrement pour l’instant.

Autre constat après ces 2 semaines laotiennes : nous qui pensions nous en sortir avec notre anglais et nos 3 mots de Lao, c’est plutôt raté. Ici, impossible de nous faire comprendre. Ça nous a d’ailleurs valu plusieurs Epic Fails au cours de nos trips dans la capitale. Par exemple, recevoir un plat végétarien ultra épicé (ou un plat de fruits de mer, horreur ultime) après avoir commandé du riz au bœuf. Ou prévoir de partir en week-end mais ne jamais trouver le bon bus à la gare routière, tourner en rond au milieu des mecs qui veulent t’arnaquer avec leurs mini-vans, finir par abandonner et rentrer chez soi, en décidant de reporter le week-end à la semaine suivante.

Ça, c’était ce week-end, où on avait décidé de partir en trip à Vang Vieng (un bled du nord) et où l’organisation bordélique de la gare routière en a décidé autrement. Mais c’était un mal pour un bien : à la place, on est allés au marché du coin acheter tout ce qu’il nous manquait, et en prendre plein les yeux et les narines au passage. Voyez plutôt.

Marché légumes

Des choses ragoûtantes

Et d'autres... beaucoup moins

Et d’autres… beaucoup moins

Des fausses fesses. Oui, ils vendent vraiment de tout.

Des fausses fesses. Oui, ils vendent vraiment de tout.

(si vous vous demandez pourquoi on ne voit pas les niakou’ sur la photo, c’est normal. C’est pas top top de photographier les gens du coin sans leur demander leur avis, alors bon, on a évité. Au pire, si vous vous demandez à quoi ressemble un Laotien, Google est votre ami).

Au début, on s’est aussi demandés comment on allait rencontrer des gens dans une ville où la majorité des expats (et ils sont beaucoup) ont entre 40 et 60 ans et où les jeunes Laotiens ne bitent pas un mot d’anglais (ni de français, mais m’en demandons pas trop). Finalement, et c’est aussi l’avantage d’une petite capitale, tout le monde se connaît à Vientiane, et à force de contacts interposés, on a découvert qu’il y avait quelques jeunes échoués ici comme nous, et que non, nous n’étions pas seuls ! Miracle.

D’ailleurs ce week-end, c’était journées portes ouvertes à l’Institut Français du Laos, l’occasion de rencontrer nos congénères expatriés autour d’un verre de punch (puis deux, trois, quatre), des cacahuètes et des mini-quiches. Tout le gratin Vientiannais était présent : le directeur de la banque franco-laos, le proviseur du lycée français, la prof de self-défense féminine, et l’ambassadeur himself. Ça m’a rappelé une certaine soirée du 14 juillet à l’ambassade de Jakarta… fromage et orgie de vin rouge en moins. Du coup, on a aussi découvert que finalement, il y avait plein de trucs sympas organisés à Vientiane : Yoga, self-défense, après-midi film, soirées entre jeunes stagiaires et expats du monde entier. Et comme on avait beaucoup de vie sociale à rattraper depuis notre arrivée, on est allés festoyer autour de tortillas et de vin rouge dans la grande maison d’un stagiaire du coin. Pour situer, le stagiaire brésilien en question est un type de la promo 2013 de mon ancien Master 2 à Grenoble. It’s a small world after all… Bref, on a un peu augmenté notre capital social, ce qui est plutôt une bonne chose, car on commençait sérieusement à régresser mentalement à force de passer trop de temps rien que tous les deux.

Evidemment, pour la vraie vie à la Laotienne, on repassera. Mais c’est toujours comme ça : un expat restera un expat. On a beau vouloir s’intégrer à la culture, la barrière de la langue et du mode de vie est inévitable, et comme tout le monde, on finira par se résigner et traîner avec les riches blanc-becs du coin à boire du vin rouge sur une jolie pelouse pendant que notre femme de ménage Laotienne nettoie notre grande maison en banlieue…

Bon, j’ai encore des tooooonnes de choses à vous raconter mais je vous laisse d’abord digérer ce pavé ! Prochain article dans la semaine si je m’en sors bien. Et des photos sur Picasa aussi. Plein de photos.

Des bisous !